DEFINIR UNE VRAIE POLITIQUE DU CREDIT ET
PREVENIR LE SURENDETTEMENT DES MENAGES
Douze lois encadrant le crédit à la consommation ont été adoptées en moins de vingt ans, dont six au cours des quatre dernières années. Elles ont toutes pour finalité la protection renforcée du consommateur et l'aménagement des procédures de surendettement.
Ces dispositifs ne sont cependant pas parvenus à promouvoir dans des conditions acceptables une politique dynamique du crédit ni à enrayer le phénomène d'exclusion lié au surendettement et qui revêt aujourd'hui une ampleur inquiétante.
Sur le terrain on constate l'inadaptation des procédures.
L'absence de mécanismes de régulation, de prévention et d'accompagnement sérieux se révèle économiquement et socialement improductive.
UNE LARGE PROPORTION DE LA POPULATION FRANCAISE EST
EN MARGE D'UN SYSTEME QUI DISTRIBUE MAL LE CREDIT
Faut-il le rappeler, l'économie moderne est impensable sans crédit. De manière paradoxale, la France est victime d'un sous-développement du crédit à la consommation, faute d'instruments adaptés.
Il est fréquent que l'on invoque le caractère marginal du surendettement des ménages en se référant au faible taux d'endettement des Français par rapport à nos voisins européens.
Le niveau d'endettement en France serait moins élevé que celui constaté dans les pays anglo-saxons.
Ainsi l'encours moyen de crédit à la consommation au Royaume Uni est de 4000 euros par habitant et de 2.850 en Allemagne. Il n'est que de 1.800 euros en France.
En réalité, ces chiffres ne sont guère flatteurs pour notre pays et ce faible taux d'encours s'explique par une véritable concentration des crédits sur 60% de nos concitoyens pour lesquels le crédit peut se transformer en piège mortel tandis que
40% de nos concitoyens n'accèdent pas au crédit ou se voient refuser un crédit au motif de leur manque supposé de rentabilité alors même qu'ils seraient capables de rembourser le prêt contracté.
Ce taux n'est que de 10 % dans les autres pays européens.